29 octobre 2007
L'année prochaine si tout va bien
"Mais alors, la B, vous la gardez ou pas ?"... C'est à cette question que le Croco et moi avons pris l'habitude de répondre, ces derniers jours. Question capitale en effet, tout autant que les "vous savez ce que c'est ?" ou "c'est pour quand ?" qui l'avaient précédée. Eh oui. Vous l'avez saisi, la famille va s'agrandir. Au printemps prochain, plus précisément en avril. Et ceux d'entre vous qui ont lu cet article seront prompts à expliquer les raisons de mon intérêt les familiales pourvues d'une banquette arrière. Qu'ils soient ici détrompés ou rassurés, c'est selon : je n'ai aucune intention d'emmener ma future progéniture en voiture ancienne. Du moins tant qu'on n'y comptera aucun équipement de sécurité digne de ce nom. Tsss tsss tsss... Pas davantage en Jaguar XK. C'est niet. Bébé roulera moderne (dans un siège auto, sanglé et ceinturé) ou ne roulera pas.
Et nous, dans tout ça ? Si continuer à braver le danger sans ABS ni airbag nous effraie moins, force est de constater que nous n'aurons plus autant d'occasions qu'aujourd'hui. La balade en B est notre sport d'amoureux, elle deviendra par la force des choses un plaisir solitaire, en alternance. Quand ce ne sera pas notre tour de jouer le baby-sitter. Mais tant pis. Au moment où nous avons fait l'acquisition de miss British Racing Green, nous avions déjà le projet de repeupler le pays. Nous savions à quoi nous attendre. C'est donc sans aucune retenue que nous nous écrions aujourd'hui : "Bien sûr qu'on la garde, notre petite B" ! C'est elle qui, la première, a fait s'agrandir la famille...
19 octobre 2007
On sait quand ça commence...
Pendant longtemps je me suis juré, même passionné au dernier degré par tout ce qui touche à l'automobile, de ne jamais posséder plusieurs véhicules à la fois. Je partais d'un principe simple et irréfutable qui veut qu'un même conducteur ne pourra jamais s'installer simultanément au volant de deux voitures. Et que s'il a peur de se lasser, rien ne l'empêche de revendre l'une pour acheter l'autre. C'est ce que j'ai fait pendant 15 ans. Sans le moindre regret. Et puis est arrivée l'envie d'une MG B.
Au départ il s'agissait de m'offrir, avec un cabriolet, une alternative à la berline de tous les jours. J'ai donc d'abord lorgné sur les annonces d'Audi TT, Mercedes SLK ou équivalent. Mais le Croco faisait une moue dubitative à chaque fois que je sollicitais son avis sur tel ou tel modèle. "C'est frime, ton truc. C'est pas pour nous". Elle avait raison. Et en plus c'était très cher. J'ai alors essayé la catégorie du dessous. Peugeot 306, Mégane première génération, Mazda MX5. "J'aime pas non plus, c'est vieux et dépassé mais sans le charme d'une véritable ancienne". La suite, vous la connaissez.
De là à dire que c'est Aurélie qui a (r)éveillé en moi la passion des voitures de collection, il y a encore un pas. Mais il est indéniable qu'elle influence beaucoup mes choix, et sans doute même ma boulimie. Ne m'a-t-elle pas confié, il y a quelques semaines : "Tiens, j'ai rêvé qu'on achetait une autre ancienne, en plus de la B, ça ressemblait à une grosse Mercedes"... Elle a évidemment voulu que je lui déniche une photo pour comparer. J'en ai compulsé des dizaines et les lui ai montrées. Jusqu'à un tonitruant "c'est celle-là" ! Ah bon ? "Oui, la même, exactement la même, couleur crême" !
La messe est dite. Aurélie-Croco a flashé, en rêve, sur une Mercedes 180 Ponton de 1959. Je dois avouer qu'elle me plaît énormément, à moi aussi, même si elle n'a rien à voir avec une MG B et que je n'ai aucune envie de me séparer de la mienne. Eh bien vous me croirez si vous voulez, je commence à épier les annonces à la recherche d'une 180 Ponton ! Des fois qu'un vendeur en proposerait une à un prix raisonnable... Elle aurait fière allure, auprès de ma petite anglaise...
Comment devient-on collectionneur ? Pendant des années, je me suis pourtant répété... Bon. Désormais je ne m'interdis plus qu'une chose : posséder deux véhicules de la même marque ou ayant la même vocation. J'ai de la marge, non ?
12 octobre 2007
Duel au soleil
Un bout de temps que je la préparais, celle-là. Cette photo. Ce face à face entre mes deux voitures, dans l'esprit des grands comparatifs d'Auto Plus, où l'on s'attend à voir un truc du genre "laquelle choisir ?" imprimé juste en-dessous. Mais de choix, justement, je n'en ai pas eu beaucoup, sinon celui de reporter sans cesse mon projet à plus tard. Pas facile en effet, de concilier tous les paramètres, c'est à dire deux voitures propres simultanément, autant de conducteurs disponibles, un coin tranquille et accessoirement joli, le tout sous un ciel clément. La récente panne de ma petite anglaise n'a évidemment pas arrangé mes affaires... Mais pour paraphraser le héros d'une célèbre émission de télé, "je l'aurai un jour, je l'aurai" !
En attendant, il m'est venu l'idée d'une solution palliative, qui s'avère être en fait un gros alibi pour vous présenter ma dernière acquisition : une MG B miniature au 1/43ème, que j'ai enfin trouvée (merci monsieur ebay) dans une configuration strictement identique à l'héroïne de ces pages. N'a-t-elle pas aussi fière allure que sa grande soeur ? La mini Clio a côté, achetée voici quelques mois "pour le fun", souffre de la comparaison avec la vraie.
Pour autant, la question n'est toujours pas réglée. Laquelle choisir ? Allez, pour ce week-end, ce sera la moderne. La perspective de 500 bornes d'autoroute décide de l'issue du duel. Qu'importe, jolie petite B, tu en gagneras d'autres.
02 juin 2007
Avis d'expert
Dans la famille "Passionné de voitures", je voudrais le beau-frère. Le mien s'appelle Stéphane et ne conçoit de s'installer derrière un volant que pour avoir des sensations. Sa monture personnelle est une italienne, V8 double-turboté envoyant 370 chevaux et chaussant extra large. Il faut voir sa moue dubitative lorsqu'il est obligé de l'abandonner (comme en ce week-end de visite en région parisienne). Son loueur habituel lui confie une grosse familiale allemande apte à emmener toute sa petite famille, et l'on sent bien que son plaisir s'est envolé.
Pour des tas de raisons, emploi du temps ou météo, Stéphane n'avait jamais eu l'occasion d'essayer la MG. C'est chose faite depuis cet après-midi, depuis que son mètre quatre-vingt-dix devenu allergique aux assistances - qui stérilisent le plaisir de conduire - a pu goûter au pilotage d'une mamie de 40 ans. Prévenu qu'il ne fallait attendre ni puissance ni aptitude au freinage, briefé sur le maniement de la boîte de vitesses (tout en douceur, hein ?) il est évidemment resté "en dedans". Mais la balade terminée, c'est un réel sourire qui barrait son visage. Ses impressions ? Les voici.
"Ma première réaction est qu'on ne se sent pas dans un jouet. Au volant, on n'a pas du tout le sentiment que la voiture a un format de poche. On la sent lourde, la mécanique est virile. J'adore les longs capots comme celui-là... Il n'est pas un peu percé, ton pot d'échappement ?" Euh non, pas que je sache. Et à part ça ? "On n'a pas à composer avec des sensations d'un autre âge, comme avec une 4L qui se couche dans les virages. Elle a vraiment un comportement dynamique. En revanche, gros bémol côté sécurité. On se sent très vulnérable"...
Effectivement, je lui confirme qu'on a tendance à anticiper les éventuelles bourdes des autres conducteurs comme si on était en moto. Mais au final, Stéphane est vraiment content de la balade. Bien sûr, il n'achèterait pas une MG. Son plaisir à lui est ailleurs. Le mien est de lui avoir offert plus de sensations que dans le X5 3.0d qu'il prendra ce soir pour aller dîner chez des amis !
Ah, une dernière chose encore. En oubliant volontairement de lui dire qu'on m'avait tapé à l'arrière dimanche dernier, j'ai sollicité l'oeil d'expert de Stéphane afin qu'il examine mon pare-chocs. Il n'a strictement rien remarqué. Parfait, c'est donc moi qui pinaille. Je renonce à toute tentative de démontage et/ou de redressement...
06 mai 2007
Retour gagnant
Ah ça, des anciennes, nous en avons vu. Des sans âge, même. Mais pas vraiment le style "Vincennes en Anciennes". Non. Plutôt des rafistolées de la dernière heure, auxquelles il manquait parfois la moitié des composants - j'ai vu passer en trombe une 404 sans aucun habillage intérieur - ou de la carrosserie. Mais qui roulent, roulent, roulent... Et toutes en même temps, de jour comme de nuit, dans un vacarme assourdissant de moteurs et surtout de klaxons. Cet appendice semble à la fois tenir lieu de frein, de clignotant, d'accélérateur, et chaque conducteur en joue pour annoncer ce qu'il va faire. Terrifiant !
Une chose est certaine : si l'Egypte recèle, le long du Nil et ailleurs, une quantité incroyable de trésors qu'on prend un plaisir extrême à découvrir par 45°C, Le Caire est pour sa part une ville à la circulation étouffante où le code de la route est aussi peu respecté par ses 17 millions d'habitants que l'interdiction de fumer le narguilé ! Le sentiment de "chacun pour soi" est plus que palpable, gare à celui qui a choisi d'être piéton ! Franchement, on est heureux de retrouver Paris qui nous semble soudain si calme... et silencieux...
Bref. Une bonne nuit de sommeil pour récupérer, et voici venues les retrouvailles avec notre petite MG ce matin. Elle nous attendait sagement au garage, prête à aller cotoyer ses amies habituelles devant l'esplanade du château de Vincennes. C'aura été la dernière fois. En effet, le prochain premier dimanche du mois, en juin, la réunion se fera à Nogent sur Marne. Et ensuite, il nous faudra trouver des rassemblements en région tourangelle...
Mais quel que soit l'endroit, le plaisir est intact : celui de conduire et de discuter avec les copains, les promeneurs, toujours prompts à nous féliciter voire à nous demander si la voiture n'est pas à vendre. Non non, pas encore. Car après 10 jours d'un voyage en tous points exceptionnel, le retour à la vie MG B n'a rien de désagréable. Pourvu que ça dure !
19 avril 2007
Mets de l'huile !
Il n'y a pas si longtemps, j'affichais ici-même ma totale satisfaction quant à la consommation d'essence de la belle. Sans doute étais-je un peu optimiste car finalement, ce sont tout de même entre 10 et 11 litres de Sans plomb 98 qui s'envolent quand je parcours 100 km. Rien de dramatique, somme toute. Non, le vrai péché mignon de ma MG, c'est l'huile. C'est fou ce cette petite peut être vorace, au mépris de tous les risques d'indigestion qui la guettent : la gourmande engloutit une méchante dose d'un litre tous les 1000, excusez du peu !
Cet appétit est d'autant inhabituel pour moi que, de mémoire, je n'ai jamais remis d'huile dans une voiture. Oui, je sais, c'est difficile à croire mais au-delà de mon inculture mécanique, toutes celles que j'ai possédées ont toujours été achetées neuves, entretenues à date fixe par le réseau de leurs marques respectives et revendues avant 2 ans. On pouvait alors me taquiner en me demandant si je connaissais l'emplacement de la tirette du lève-capot, tant les occasions de l'ouvrir étaient réduites à la portion congrue... Bref, aujourd'hui j'ouvre, je vérifie mes niveaux, je régule et je referme. Tandis qu'un bidon de 5 litres trône fièrement dans le coffre, à côté de la roue de secours et de l'extincteur. Quelle nouveauté dans ma vie ! En tout cas il n'est jamais trop tard pour apprendre à bichonner un ancêtre.
23 mars 2007
Querelle des anciens et des modernes
Parmi les possesseurs de voitures anciennes, deux écoles s'affrontent. D'un côté les irréductibles du "tout d'origine", qui vous fusillent du regard lorsque vous leur annoncez que vous avez bidouillé ou - pire encore - gonflé votre moteur, ajouté des feux de recul ou même simplement remplacé vos rétroviseurs 72 par un modèle du millésime suivant. De l'autre, les accros au plaisir de conduite, qui se moquent bien de piloter un mutant à 4 roues, truffé d'anachronismes et d'insultes à l'Histoire. Je doute qu'on arrive un jour à mettre d'accord ces opposants permanents, et c'est probablement mieux comme cela ; les forums internet et autres gazettes spécialisées ont encore de beaux jours devant eux...
Et moi, et moi, et moi, où suis-je dans ce tumulte ? Probablement au milieu, tendance "ne se prononce pas" comme on en voit beaucoup dans les sondages d'opinion. J'ai choisi ma MG sur des critères purement esthétiques, et il se trouve que sur l'ensemble du plateau qui s'offrait à moi, seuls les modèles strictement d'origine et d'avant 1968 emportaient mon adhésion. Pour autant, je n'ai émis aucune réserve quand on m'a proposé d'équiper ma belle d'un démarreur électronique, et j'ai toujours en projet l'installation de ceintures de sécurité (il faudrait d'ailleurs que je me motive un peu pour les commander, celles-là). En revanche, je me refuse entre autres à doter ma B d'un autoradio lecteur de CD qui, à mon humble avis, jurerait sur la planche de bord vermiculée.
Là où le problème se corse, c'est lorsque l'on aborde la question du GPS pour la balade. On laissera de côté la bizarrerie d'un "après 300 mètres, tournez à gauche" qui se superposerait au bruit du moteur... Au-delà, dois-je considérer que l'outil est tellement peu en rapport avec les 60's que sa seule présence dans la boîte à gants est une totale hérésie ? Ou au contraire, puis-je retenir qu'il ne s'agit là que d'un accessoire embarqué, au même titre qu'un téléphone mobile ou une montre à cristaux liquides ? J'avoue que je n'ai pas encore tranché. Le plaisir de rouler en B est peut-être lié à celui de déchiffrer des cartes routières. Après tout, il faut bien occuper mon Cro-copilote ! Allez, pour la peine, c'est elle qui décidera...
17 mars 2007
Le jeu des 7 différences
Je suis un homme chanceux, j'ai deux voitures. Une pour aller travailler, du lundi au vendredi, dans les embouteillages parisiens ; l'autre pour le week-end et l'évasion sur les routes de campagne. Pourtant mercredi dernier, histoire de donner du sens à mon précédent article, j'ai interverti les rôles. Profitant du beau temps, je me suis rendu au bureau avec ma MG. Bousculée, la routine... Belle occasion de faire un inventaire des choses qui changent quand on va travailler au volant d'une B plutôt qu'en Clio.
1. Pas de "France Info" sur le trajet : mince alors, comment vais-je savoir ce qu'a fait la Bourse de Tokyo ce matin ?
2. Pas de ceinture : chouette, ma chemise ne risque pas d'être froissée ce coup-là.
3. Pas de climatisation : pas froissée la chemise, d'accord, mais sûrement un peu humide dans le dos !
4. Pas de boîte automatique : je n'avais jamais remarqué qu'il y avait tant de feux rouges et de passages piétons sur l'Avenue du Maine...
5. Pas de vitres électriques : j'ai pris mon badge de parking trop tôt, ma main gauche doit d'abord tourner la poignée !
6. Pas de direction assistée : waow, ça en fait des virages pour aller jusqu'au niveau -2...
7. Pas de "plip" pour verrouiller : tant mieux, si mes collègues veulent venir la voir à la pause déjeuner, je n'aurai même pas besoin de prendre les clés.
En résumé, un voyage comme tous les jours mais avec des sensations résolument nouvelles. La MG B est comme ça : elle vous réapprend chaque jour quelque chose...
29 décembre 2006
La preuve par 1,60934
Non, ce n'est pas le nombre d'or de Fibonacci. Ce n'est pas non plus le taux d'alcool que j'aurai dans le sang au réveillon du jour de l'An. Mais il me faudra l'avoir en tête si je ne veux pas perdre mon permis de conduire, non pour alcoolémie mais pour excès de vitesse. En effet, le compteur de ma MG B est gradué en MpH, comprenez "en miles", et à ce titre, quand l'aiguille sera sur 90, je n'aurai pas intérêt à me trouver sur une nationale. Car en km/h, cela signifiera près de 145 ! "Ah bon monsieur l'agent ? Vous êtes sûr ? Pourtant j'avais franchement l'impression de me traîner, là...".
Ne jouons pas les incrédules, la sensation de vitesse dans une B, on l'a. Bien plus que dans n'importe quelle Twingo. La petite pointe réalisée lors de l'essai, sur autoroute, m'a gratifié de belles sensations qu'il me tarde de retrouver. En attendant, faisons comme Gaston Lagaffe remontant sa machine à écrire ("pour faire A, tu tapes E, pour faire E, tu tapes I")... Apprenons par coeur ! En ville, pas plus de 30. Sur le périph, on se contente de 50. Sur la Francilienne, maxi 70. Et sur autoroute, on plafonne à 80. Facile, non ?














