carte_griseVous habitez Paris ? Vous avez une voiture à immatriculer ? Prenez une demi-journée de congé ! Non non, j'exagère à peine. Il m'aura fallu près de 4 heures, hier, pour obtenir une carte grise pour la MG. Ce que j'imaginais n'être qu'une simple formalité à la pause déjeuner s'est transformé en véritable parcours du combattant...

Il est vrai que j'ai contribué moi-même à aggraver les choses en oubliant d'apporter une partie des pièces nécessaires : certificat de cession et contrôle technique étaient bêtement restés à la maison. Mais pour le reste, je plaide non coupable. Comment aurais-je pu savoir que l'antenne de Police de mon arrondissement n'était pas habilitée à immatriculer des véhicules anciens ? Tout cela est bigrement dommage car j'aurais échappé aux interminables minutes d'attente imposées par la Préfecture, la "grande" Préfecture de Police de tout-Paris, sur l'Île de la Cité ! Et encore, je vous fais grâce des procédures de sécurité (entrée par groupes de 10 personnes dans un sas, passage dans un portique comme à l'aéroport etc). On s'y prête de bonne grâce mais on fulmine intérieurement. Erreur : ce n'est que le début !

Fermez les yeux et imaginez. Il est 12h20. Déjà 50 minutes que vous avez quitté votre boulot en disant "je reviens dès que possible" et vous voilà dans une salle immense, bardée de guichets de tous les côtés, mais dont un sur cinq est en service. Vous prenez un ticket, votre numéro est incroyablement éloigné de celui qu'on appelle en ce moment. Vous vous dites que vous auriez dû prendre un sandwich avant...

Chaque personne qui passe avant vous doit avoir une flotte de véhicules à immatriculer. Bon sang, comment se fait-il que ça prenne 20 minutes par tête de pipe ? A 13h50, on appelle enfin votre numéro. La préposée est souriante, elle compulse les pièces de votre dossier, vous demande les justificatifs d'identité et de domicile. Au bout de quelque temps, elle vous rend ce dont elle n'a plus besoin et vous indique que vous allez bientôt (comprenez : dans un gros quart d'heure) pouvoir passer à la caisse. Vous en retrouveriez presque le sourire... Mais... Loi de Murphy oblige, ça traîne en longueur.

14h30. Monsieur ? Vous pouvez revenir s'il vous plaît ? J'ai un problème pour éditer votre carte grise. Quand je tape le numéro de série et le type du véhicule, l'ordinateur me laisse le choix entre une remorque et deux tracteurs, tous de marque différente. Là, je ne peux rien faire. Il faudrait que vous écriviez à MG Rover France et que vous leur demandiez s'ils ne se sont pas trompés sur le certificat de conformité...

Réponse en version courte : hors de question que je reparte d'ici sans avoir mon immatriculation. Poliment mais fermement, je demande qu'on appelle un responsable pendant que je compose le numéro de mon vendeur. Il a fait immatriculer plusieurs dizaines de MG avant moi et c'est la première fois que - je cite - de tels charlots lui opposent une telle fin de non recevoir. Il me donne le numéro d'un responsable du service homologation de MG France qui pourrait peut-être débloquer la situation. J'appelle. Répondeur. Un coup pour rien... Pendant ce temps, sur ma demande insistante, le dossier a été déposé sur le bureau du grand chef. Qui débarque à 15h15 et déclare triomphalement "je connais, j'ai déjà vu ça". La solution est de prendre pour base de référence la remorque ou le tracteur dont le numéro de série correspond au mien, et d'écraser informatiquement toutes les caractéristiques en les remplaçant par celles de ma voiture. Alleluia !

A 15h30, délesté de 231 euros, je sors de la Préfecture (sous une pluie battante) avec mon précieux sésame sous le bras. Et il me prend alors l'envie de savoir quelle est ma nouvelle immatriculation, moi qui redoutais tant d'avoir une combinaison de lettres un peu équivoque. Et là, croyez-moi si vous voulez, j'éclate de rire. QWC 75. Quoi de plus normal ? Un temps de chiotte et une journée de merde...